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Yves Piétrasanta député Européen
Vaincre les obscurantismes :
Une nécessité qui passe par l'Europe
de la Recherche
Au moment où notre pays se débat dans
les errements politiques issus des doutes et des incompréhensions
et que -semble-t-il- nous perdons la boussole, on peut se demander si
nous ne manquons pas de perspectives pour asseoir notre jugement. Quand
nous sommes quasi impuissants devant cette mondialisation aveugle que
nous envahit comme une marée noire, faisant des riches toujours
plus riches et des restaurants du cur sans cesse plus nombreux,
quand nos investissements les plus visibles se trouvent dans les sièges
somptuaires des sociétés internationales, quand les réseaux
d'autoroutes toujours plus florissants s'associent au déferlement
des camions et à la montée inéluctable de l'effet
de serre, quand le nucléaire plus que jamais inadapté comme
énergie durable trouve encore d'ardents défenseurs
n'avons-nous pas d'autre forme d'investissement plus opportune pour le
bien des générations futures qui va être en ligne
de mire fin août à
JOHANESBOURG ?
La réponse que, pour ma part, j'apporte à cette question
est celle de la RECHERCHE. Je crois à un investissement scientifique
fort, réfléchi, humaniste et partagé pour lequel
je milite au Parlement Européen. Petit fils d'émigré
piémontais en France, j'ai compris tôt que l'Europe solidaire
est une chance, et ceci dans tous les domaines : la paix que nous désirons
tous et à laquelle les " pères " de l'Europe ont
tant contribué, la prospérité économique,
la stabilité monétaire, le bien-être des citoyens,
et l'indispensable protection de notre environnement, condition sine qua
non du développement durable.
Depuis 20 ans, la communauté scientifique dont je fais également
partie, joue un rôle plus important dans cette construction de l'Europe
; elle peut et doit apporter des réponses à tous les problèmes
qui se posent à la société. La Science n'a pas de
frontière. Les Scientifiques européens n'ont pas attendu
le feu vert des politiques pour travailler ensemble. La science n'est
pas chauvine ; tous les régimes totalitaires ont montré
qu'une science repliée sur elle-même et soumise à
une idéologie, est une science qui régresse, une science
qui s'égare. Les scientifiques sont par nature des hommes et des
femmes libres.
L'Europe scientifique est une nécessité pour trois raisons
essentielles : la science coûte de plus en plus cher ; les chercheurs
travaillent de plus en plus avec de grands instruments qu'il n'est pas
raisonnable de s'offrir au niveau d'un seul pays ; par ailleurs, effectuer
les mêmes travaux de recherche sur la même thématique,
à Milan, Strasbourg et Athènes conduit à un gaspillage
inutile que nous ne pouvons plus nous permettre. La deuxième raison
tient à la complexité croissante de la recherche : pour
être plus performants, les scientifiques doivent joindre leurs compétences,
leurs talents et leurs efforts. La troisième raison concerne un
domaine que je crois bien connaître : l'environnement ; de nombreuses
thématiques ont une dimension planétaire (l'effet de serre,
la biodiversité, la pollution de l'air) et posent des problèmes
qui ne peuvent être résolus qu'à l'échelle
d'un continent et même à l'échelle mondiale ; ce qui
signifie en clair que l'Europe doit s'ouvrir sur le monde.
Parlementaire européen VERT, je pense que notre groupe peut avoir
quelques satisfactions pour avoir fait aboutir dans le vote du 6ème
Programme Cadre (PCRD) qui va s'exprimer en mai à Strasbourg et
pour la première fois, une enveloppe pour le Développement
Durable supérieure à 2 milliards d'euros (transports durables,
énergies renouvelables désormais au même niveau que
le nucléaire, protection et restauration des écosystèmes,
mises en réseaux européens
), des crédits pour
la coopération internationale d'au moins 400 millions d'euros et
un volet conséquent sur le thème Science et Société.
Il faut savoir qu'avec un budget de 17,5 milliards d'euros -hors Euratom-
pour la Recherche de l'Union Européenne, ceci ne représente
même pas 5% des crédits engagés par les gouvernements.
Mettre en commun nos travaux en visant une valeur ajoutée européenne,
comme le propose le Commissaire Philippe BUSQUIN au niveau du nouveau
concept de l'ESPACE EUROPEEN DE LA RECHERCHE, est de nature à conduire
à une colossale économie -ou à développer
d'autres moyens matériels et humains-. Dans la mission sur la coopération
internationale en recherche que j'effectue actuellement je n'ai d'ailleurs
rencontré que des assentiments tant du côté des chercheurs
et de nos grands établissements, que des instances politiques et
des Ministères y compris les Affaires Etrangères.
L'exemple des pays industrialisés des USA et du Japon ainsi que
celui de pays dits émergents nous rappelle aussi que la science
est un des moteurs du développement économique. La Science
contribue également à rapprocher les hommes et peut être
au service de la paix ; qui pourrait nier par exemple que les partenaires
euro-méditerranéens, au-delà de leur finalité
propre, contribuent à créer un esprit de respect mutuel
et permettent souvent de tisser des liens d'amitié entre les diverses
rives de la Méditerranée. Les scientifiques qui partagent
le savoir sont des artisans de la paix.
Notre époque est soumise plus que jamais aux grandes peurs sur
notre devenir qui s'expriment tant au niveau des urnes qu'à celui
de certains principes sans cesse mis en exergue comme le " principe
de précaution " (Celui-ci devrait d'ailleurs être aussi
mis en uvre de façon constructive et non systématiquement
négative).
Au nom de certaines " vérités économiques "
qui nous aveuglent, nous sommes prêts à jouer les docteurs
Frankenstein avec les manipulations génétiques, comme nous
l'avons fait avec le nucléaire, forme d'énergie dite durable,
dont la durabilité est un leurre, mais dont la durée de
vie de ses déchets radioactifs se chiffre en d'effrayants milliers
d'années.
Nous avons un sérieux effort à faire pour informer le Citoyen
sur les enjeux de la science et pour le faire participer aux choix car
il n'y a rien de pire que l'obscurantisme que nous pouvons déplorer
en ce moment où, pourtant, la connaissance ne fait que se développer.
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Yves PIETRASANTA
Député Européen, Vice Président de la Commission
Industrie, Commerce Extérieur, Recherche, Energie, du Parlement
Européen
Chargé de la Recherche
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Mise en place d'un réseau européen
d'Ecosites et écocentres.
ECOLINK est lancé au printemps 2003, coordonné par l'Ecosite
du Pays de Thau à Mèze, avec objectifs de mettre en place
un réseau d'échange entre Ecosites en Europe pour mieux
contribuer à transformer la recherche sur l'environnement en développement
durable local.
Voir : http://www.ecosites.net/
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